I

Donc, Abise-taoshi fit tomber l’adversaire en exerçant sur lui tout le poids de son corps. Le malheureux Banzuke, divisé en deux camps, rectifia et  prit effet.

En ce temps-là déjà, Basho existait et Chanko composait autour d’une énorme marmite. « Type de grande valeur… » disait Chikara-mazu se rinçant la bouche tandis que près de lui, Chiri frappait dans ses deux mains, écartait les bras horizontalement, paumes tournées vers le haut, puis se nettoyait avec de l’herbe.

 

 

 

II

Donc, Abise-taoshi fit tomber l’adversaire en exerçant sur lui tout le poids de son corps et c’est à ce moment que Chon-mage revint vers l’avant. Un qui passait par là, Dohyô, fut démoli, reconstruit suivant des normes extrêmement précises et surmonté d’un toit (vert, rouge, noir et blanc) qui pendait aux quatre coins. Son frère Dohyô-iri apparut dans sa tenue d’apparat guidé par le son des claquoirs, fit retentir les hauts parleurs annonçant son nom, son lieu d’origine et souleva légèrement son tablier avant de se retirer. Dôtai tomba simultanément et ne put donc pas être départagé. Cette décision fut l’apanage de Gappuri-yotsu.

En ce temps-là déjà, Ginô-shô existait et Hakama plissait les tenues de cérémonie.

 

 

 

III

Donc, Abise-taoshi fit tomber l’adversaire en exerçant sur lui tout le poids de son corps tandis que Chon-mage revenait vers l’avant. Mais Haori était réservé : tout d’abord, Harite pouvait être redoutable à cet instant précis et ensuite, Hataki-komi combinait toujours avec un écart de côté pour éviter la poussée de l’autre. Nul ne fut donc surpris lorsque Henka fit volte-face.

En ce temps-là déjà, Heya existait et Higashi correspondait au côté gauche. Pour sa part, Hiiki fournissait toutes sortes d’aides. Existait, parallèlement, Hiki, considéré comme un lâche.

 

 

 

IV

Donc, Abise-taoshi fit tomber l’adversaire en exerçant sur lui tout le poids de son corps tandis que Chon-mage revenait vers l’avant. Haori était réservé. Mais, contre toute attente, Hikitsuke tira énergiquement vers lui, constitua un préalable indispensable : Inashi parait à l’attaque. Observant la scène, Isami-ashi se dit « coup perdant  ! » (le pied dépassait la limite).

Dans un même temps et à des kilomètres de distance, Izutsu-beya, recruté par le précédent maître, Jo-nidan, apprenti du second degré, Jo-no-kuchi, apprenti du premier degré, ainsi que Jungyô, Jûryô et Kachi-koshi devaient livrer quinze combats pour être récompensés par nombre net de gains. Il est à noter que Kadoban qui venait d’avoir un score négatif à la précédente saison perdrait son rang si son score était de nouveau négatif.

À un moment, Kata-sukashi bascula et tomba. Seuls Kata-ya et Kawashi esquivèrent l’attaque.

En ce temps-là déjà, Keiko commençait tôt le matin, Kenshô désignait et Keshô-mawashi portait les combats.

 

 

 

V

Donc, Abise-taoshi fit tomber l’adversaire en exerçant sur lui tout le poids de son corps tandis que Chon-mage revenait vers l’avant. Haori était réservé et Hikitsuke tirait énergiquement vers lui, constituant un préalable indispensable.

À cet instant précis, Ketaguri exécuta simultanément trois actions : 1) s’écarta, 2) déséquilibra, 3) fit tomber. Le moindre défaut était fatal. Kettei-sen s’effectua selon des modalités particulières mais au dernier moment Kimari-te, au nombre de soixante-dix, à moins qu’il ne s’agisse de Kinboshi, ‘Etoile d’or’, remporta la victoire. De rage Kyome no shio répandit sur le sol  ; bon joueur, Kôensha supporta mais Kokugikan, situé au centre-est, Komusubi, grand champion aspirant, et Koshi-tudake s’écroulèrent de soi-même sans avoir été attaqués  ; le pauvre Kôshô fut décompté comme perte et Maegashira varia entre 26 et 32. Personne ne s’aperçut que Mae-zumô ne figurait pas.

Un peu plus tard, Make-koshi se dit « A la huitième saison… ». Makekae, très délicat, changea sa main de place. Dans un coin, Maku-uchi, Makushita et Mata-wari s’étaient assis par terre avec les jambes ouvertes aussi près que possible de 180 degrés.

En ce temps-là déjà, Mawashi était, généralement, et Mawashi-wokiru passait du côté interne.

 

 

 

VI

Donc, Abise-taoshi fit tomber l’adversaire en exerçant sur lui tout le poids de son corps tandis que Chon-mage revenait vers l’avant. Haori était réservé, Hikitsuke tirait énergiquement vers lui, constituant un préalable indispensable et Ketaguri exécutait simultanément trois actions : 1) s’écarter, 2) déséquilibrer, 3) faire tomber (le moindre défaut étant fatal).

Cependant, Mono-ii avait des doutes sur le bien-fondé du jugement. Certes, Monzachi tenait solidement et Mukô-jômen se trouvait place habituelle mais Neko-damashi fermait les yeux et de même Nichô-nage. Légèrement en retrait, à l’ombre d’un arbre, Nishi et Nirami-ai fixaient intensément Nodowa qui étranglait littéralement. Avec l’aide d’Ô-ichô, coiffure ample surmontée d’une sorte de forme fantaisie en éventail, Okuri-dashi attrapa la partie arrière d’Oshi-dashi et fit tomber Oshi-zumô en s’aidant de son poids, cela juste au moment où Ottsuke appliquait son corps contre l’autre. Profitant de l’occasion, Oyakata prit le nom et Ôseki alla jusqu’à 4, et même 5.

En ce temps-là déjà, Rikishi existait et Sagari comportait un grand nombre de ficelles.

 

 

 

VII

Donc, Abise-taoshi fit tomber l’adversaire en exerçant sur lui tout le poids de son corps tandis que Chon-mage revenait vers l’avant. Haori était réservé, Hikitsuke tirait énergiquement vers lui, constituant un préalable indispensable, Ketaguri exécutait simultanément trois actions : 1) s’écarter, 2) déséquilibrer, 3) faire tomber (le moindre défaut étant fatal) et Mono-ii avait des doutes sur le bien-fondé du jugement.

C’est alors que le plus jeune d’entre tous, San. yaku, vit, approchant dans la plaine, les terribles Sandan-me, Sekitori, Sekiwake et Shihon-bashira, quatre piliers qui soutenaient le toit construit à l’air libre. Shikiri fit face, prêt à bondir. A ses côtés, Shikiri-naoshi se mit au diapason. Le temps était limité à quatre, trois et deux minutes. Quelques mètres au-devant, Shikiri-sen constitua une ligne de démarcation tandis que, mû par une inspiration soudaine, Shiko soulevait latéralement une jambe aussi haut que possible pour la redescendre en frappant le sol vigoureusement, suivi du même mouvement avec l’autre jambe, et ainsi de suite. Personne n’en doutait, Shini-tai maîtriserait la situation. Shitaku-beya se prépara et attendit son tour. Shitate dashi-nage, très technique, projeta vers l’avant et dans un même temps, Shitate-hineri exerça une torsion.

Certains se souviennent que pour détendre l’atmosphère Shitate-nage tomba et roula par terre.

En ce temps-là déjà, Shômen était l’angle habituel et Sonkyo était de déférence et d’humilité. Sumô Kyôkai contrôlait l’ensemble, Sumô-tori désignait le plus.

 

 

 

VIII

Donc, Abise-taoshi fit tomber l’adversaire en exerçant sur lui tout le poids de son corps tandis que Chon-mage revenait vers l’avant. Haori était réservé, Hikitsuke tirait énergiquement vers lui, constituant un préalable indispensable, Ketaguri exécutait simultanément trois actions : 1) s’écarter, 2) déséquilibrer, 3) faire tomber (le moindre défaut étant fatal), Mono-ii avait des doutes sur le bien-fondé du jugement et le plus jeune d’entre tous, San. yaku, voyait, approchant dans la plaine, les terribles Sandan-me, Sekitori, Sekiwake et Shihon-bashira, quatre piliers qui soutenaient le toit construit à l’air libre.

Tout se passa très vite. Sans prévenir, Tachi-ai aboutit à la collision. Tani-machi soutint mais Tate-gyôji qui portait un sabre en théorie ne fut plus qu’un symbole vide de toute substance. Pour échapper à l’histoire, Tegata négocia au prix fort. Tandis qu’ayant perdu la raison, Teppô frappait un gros pilier.

Dans le village voisin, comme si de rien n’était, Tokoyama coiffait Tomoe-sen qui définissait les probabili­tés de victoire.

Ne voulant pas s’avouer vaincu, Tori-naoshi re­commença et Toshiyori suivit. Mais tout lui étant devenu désormais indifférent, Toshiyori kabu se consacrait à Tsuke-bito (ce dernier put avoir deux et cinq).

Durant les quelques secondes que dura le combat, Tsuki-dashi, Tsuki-otoshi et Tsuppari furent redoutables. Ainsi, Turi-dashi se raréfia et c’est en vain qu’Utchari déploya un ultime effort. Pour signifier la reddition, Uwate dashi-nage effectua un mouvement du bras quasi-horizontal et Uwate-nage tira vers le haut. C’était fini. Yobidashi déclama lentement dans une mélodie très caractéristique.

En ce temps la déjà, Yokozuna représentait le sommet et Yori-kiri était dans cette même position.

 

 

 

Épilogue

On apprit plus tard que Yotsu-zumô en savait davantage  : vers midi ce fameux jour, Yûshô avait reçu d’importants avantages en nature. Par camions entiers.

 

 

 

***

Extrait de Banzuke, Éditions de l’Attente, 2002.

Note : Dans Glossaire des mémoires d’un lutteur de sûmo, Frédéric Forte a transformé les entrées du glossaire du livre Mémoires d’un lutteur de sûmo de KIRISHIMA Kazuhiro en personnages mythologiques. Ce qui explique qu’ils apparaissent dans l’ordre alphabétique et ne réapparaissent jamais dans le récit (si l’on met à part les « reprises » au début de chaque chapitre). De plus, la matière de leurs actions est prélevée, à la manière d’un avion de phrases, dans le contenu des articles correspondants.

 

Contraintes suivies: 

Contrainte concernant le roman Pour écrire un propre-commun , prendre une série obligée finie de substantifs dans un texte qu’on aime. On respecte l’ordre d’apparition dans le texte. Transformer chaque nom commun en…