Cette pièce de boulevard se déroule en un lieu unique, un deux-pièces (avec chambre de bonne).  D’abord écrite en collaboration avec Emmanuel Brouillard, elle a été retravaillée après sa mort. Conçue pour quatre acteurs seulement, deux hommes et deux femmes, elle fonctionne sur les ressources classiques du boulevard  : un homme trompe sa femme, mais des circonstances imprévues, lors de la visite d’un appartement, le précipitent dans une situation inextricable. Il se trouve coincé entre sa femme, sa maîtresse, une ex-maîtresse (évanouie dans la pièce voisine), et un agent immobilier aux nombreux projets, pas tous immobiliers, loin de là.

Image1Cette pièce, écrite en collaboration avec Emmanuel Brouillard, est une commande de la Compagnie Gérard Audax, dans le cadre de la saison 2006-2007.

 

 

 

 

 

 

 

 



  

LES PERSONNAGES  :

Louis Comment, producteur de concerts. 

Marcel Laurent, agent immobilier chez Centurion Associés, auteur de raps sous le nom de Marlowe.

Claire Comment, femme de LouisSOS-médecin

Florence, maîtresse de Louis

Evelyne, sœur de Jocelyne, évanouie dans sa chambre. On ne la verra jamais, sauf dans la première et l’ultime scène (son rôle peut être interprèté par une des comédiennes). 

Scène 11. Appelé par Marcel Laurent pour secourir Evelyne, évanouie dans la chambre, le médecin de SOS Médecins arrive enfin. C’est Claire, la femme de Louis.

Louis   : (bas) Claire… Je vis un cauchemar… Il y a des dizaines de médecins chez SOS et il faut que ce soit ma femme… 

Il tente de récupérer son manteau. A cet instant, la porte s’ouvre.

Claire  : (A Evelyne) Je reviens, je vais chercher mon stéthoscope… (Louis est derrière le lustre) Monsieur   ? Monsieur   ?

Louis   : (figé derrière le lustre) Ma… Madame…

Claire  : (fort) Monsieur, c’est absurde, je vous vois. C’est tout à fait puéril de vous cacher. (Elle tourne autour du lustre, il en profite pour récupérer son manteau) Je suis le médecin de SOS.

Louis   : (se cache derrière son manteau) Mmm…

Claire  : (fort) Ah ça suffit, Monsieur   ! (Elle regarde sous le manteau) Louis   !

Louis   : Surprise… (Il feint la désinvolture) Je savais que c’était toi   ! T’es étonnée, hein   ? N’est-ce pas que tu es étonnée   !

Claire  : Mais… Tu n’es pas à Francfort   ?

Louis   : Mais si   ! Si… J’en reviens tout juste.

Claire  : Qu’est-ce que tu fais ici   ?

Louis   : Claire, euh… C’est simple… Tu vas comprendre… Tu te souviens de ma… cousine… germaine… de Francfort.

Claire  : Tu as une cousine à Francfort   ?

Louis   : Si, si. On ne s’était pas vus depuis (il cherche et voit le lustre) depuis des lustres. Tu ne me croiras jamais   : on s’est croisés dans la rue… devine où, à Francfort. Elle mangeait une saucisse. Deux, même, puisque tu veux tout savoir. Elle m’arrête et elle me dit   : « Ludwig  ! »

Claire  : Ludwig, comme von Beethoven  ?

Louis   : Non, Ludwig, comme moi, comme Louis. Tu penses, ça m’a étonné. Ah ça oui, j’étais étonné. « Olga   ! », j’ai dit. Elle s’appelle Olga. Mais, franchement, sans ses saucisses, c’est sûr, jamais je ne l’aurais reconnue. Et voilà. Tu sais tout.

Claire  : Non, je ne sais pas tout, continue, je t’écoute…

Louis   : Si, si. Ah, tu imagines, depuis tout ce temps, on en avait des histoires à se raconter. Je lui ai dit que j’étais marié. Avec toi, même.

Claire  : C’est sûr, autant lui dire que c’était avec moi…

Louis   : C’est exactement ce que j’ai pensé. Je lui ai parlé de notre appartement avenue Mozart. Ah Mozart   ! Mozart   ! Ah, tu te souviens du mal qu’on a eu à l’aménager… La salle de bains, quel souvenir, ah la la. Et les lattes du plancher… Ah la la.

Claire  : Donc, ta cousine…

Louis   : Si, si. Eh ben, on était content de se retrouver. Et donc, je suis rentré à Paris. Et voilà.

Claire  : Et cet appartement, quel rapport avec ta cousine   ?

Louis   : Si, si. J’y arrive… Alors, ma cousine, je ne te l’ai pas dit, elle veut s’installer à Paris. Je te l’ai vraiment pas dit   ?

Claire  : Non, non, tu ne me l’as pas dit…

Louis   : Alors… donc, je lui ai dit   : ma chère Ursula…

Claire  : Ce n’était pas Olga tout à l’heure  ?

Louis   : Si, si, Olga. Ma chère Olga, je lui ai dit, ne t’en fais pas Olga, je vais te trouver un appartement à Paris. Oui, un appartement. J’ai tout de suite appelé une agence pour visiter. Justement… Voilà. Tu sais tout. Et attends, d’ailleurs, est-ce que tu savais que Michel Debré a vécu dans cet immeuble   ?

Claire  :  Ne noie pas le poisson. Si je comprends bien, ta cousine Olga vient à Paris pour se marier   ?

Louis   : Alors, pas du tout. Là, tu te trompes. (rire faux) Ha ha ha   ! Quel quiproquo   ! La fille dans la chambre, ce n’est pas du tout ma cousine Ursula…

Claire  : Olga.

Louis   : Olga. C’est… la cousine de quelqu’un d’autre…

Claire  : Ah   ? Et tu peux m’expliquer la robe de mariée…

Louis   : Ecoute, c’est une fille qui porte une robe de mariée, et c’est bien son droit, qu’est-ce que tu veux que je te dise   ! Des soupçons, toujours des soupçons  ! Est-ce que je te soupçonne, moi, de ne pas aller à Francfort chaque semaine depuis des années   ? Est-ce que je te soupçonne, moi, de ne pas avoir une cousine Ursula   ?

Claire  : Olga.

Louis   : Olga   ? Olga   ! Ursula, Olga   ! Ah, j’en ai plus qu’assez   !

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Lire un extrait de la pièce (la scène 11)

 

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