© oulipo / édité par G. Jan & C. Heudiard Oulipo

Note : Georges Perec a répondu sur un papier à en-tête (Georges Perec, 53 rue de Seine, Paris 6), sur lequel il  a recopié les questions de François Le Lionnais.

1° - Souhaitez- vous que l’Ouvroir poursuive ses activités  ? Foutre oui  !

2° - Pourquoi qu’on me le pose cette question  ? Je crois deviner  : je ne suis pas d’une assiduité exemplaire. Hélas, le travail, la vie de province, la difficulté des déplacements urbains, la vie quoi.

3° - Un renouvellement est-il possible  ? Cette réponse me semble mériter une discussion d’ensemble (qui pourrait faire l’objet de la réunion prochaine).

4° - Pensè-je à des tvx OLP personnels ? Je ne fais que ça  :

P[ro]b[lème] du cavalier

Cadavre exquis

Opéra musicophonique (dont le texte est construit à partir des noms des notes de musique)

Fables express (genre abécédaire illustré)

LSD (à poursuivre)

Projets fondés sur l’application de bi-carrés latins orthogonaux

Etc.

5° - Suggestions, directions de recherche  : il me semble qu’il y en a au moins deux essentielles  :

Exploration « sémantique » (FLL)

Grammaire de Queneau (Etre ou Nêtre, voilà la question)

6° - Recrutement  : son élargissement résoudrait-il nos problèmes  ?

7° - Proposition de candidatures  : Maurice Roche.

8° - Compte-rendu  : c’est une tradition que je n’ai pas connue. Il faudrait, sans doute, que les travaux soient plus régulièrement diffusés  ; il est vrai que la préparation de l’édition Cape nous a occupés au moins 2 ans.

9° - Réunions  : il se pose chaque fois des problèmes particuliers. Une solution possible consisterait à n’organiser vraiment qu’un ou deux congrès annuels. Il(s) durerai(en)t au moins une journée, mais serait préparé (ordre du jour, thèmes centraux, communications, discussions) de façon à préparer notre ouvrage de l’ (ou la-mi) année. Ceci permettrait aux autres réunions d’être encore plus souples que par le présent (si j’ose dire)  : déjeuners, dîners, goûters, échanges de correspondance, etc…

10° - Remarques (s)  ?

Entre les terrorismes sédentaires et métamorphiques, l’existence de l’OuLipo me semble représenter une nécessité impérieuse.

Vous parlez d’une crise, d’un horizon bouché, d’une situation grave au point de poser des questions ultimatives. Vous ne dites mot des symptômes de cette crise (l’absentéisme signifie-t-il que les brigadiers n’ouevrent [sic] pas  ?). Il me semble qu’il faudrait extirper les racines du mal qui nous ronge  : sont-elles liées à l’usure du temps, à la lassitude existentielle, à la dispersion géographique, à la précarité des relations humaines, aux confessions, au poids lourd des obligations professionnelles, à la dissimilitude des intérêts, à la structure même de l’Ouvroir  ?