Le quatroum

Guillaume Marie

Le quatroum est un poème qui mêle deux contraintes : celle de la quatrine (une quenine de type 4) et celle du pantoum. La différence avec le quenoum de Ian Monk consiste dans le fait que les deux contraintes coexistent dans le même vers. 

Ici, la première partie du vers, jusqu'au mot-rime, obéit aux règles du pantoum (les deuxième et quatrième vers d'une strophe deviennent les premier et troisième de la strophe suivante, le dernier vers répète le premier vers). Le mot-rime, lui, obéit de son côté à celle de la quatrine. Voici un schéma :

Début de vers A / mot-rime A
Début de vers B / mot-rime B
Début de vers C / mot-rime C
Début de vers D / mot-rime D

Début de vers B / mot-rime D
Début de vers E / mot-rime A
Début de vers D / mot-rime C
Début de vers F / mot-rime B

Début de vers E / mot-rime B
Début de vers G / mot-rime D
Début de vers F / mot-rime C
Retour du premier vers

Un exemple, coécrit avec Samuel Deshayes : 

Pour nous réchauffer que faire sinon danser
et pour picoler que boire sinon la bière
le printemps est moins mauvais que l'hiver
l'automne est plus buvable que l'été.
    
Et pour picoler que boire sinon l'été
il n'y a rien d'autre que danser
l'automne est plus buvable que l'hiver
bientôt la mort bientôt la bière.
    
Il n'y a rien d'autre que la bière
on ne peut être et avoir été
bientôt la mort bientôt l'hiver
pour nous réchauffer que faire sinon danser.

Explications et davantage d'exemples ici.

  • De la quatrine de situation au quatroum

    Guillaume Marie

    Le nombre 4 a quelques vertus, mais pas celle d'être un nombre de Queneau . C'est un problème quand on veut écrire des quenines. Ainsi la quatrine, c'est-à-dire la quenine de 4, présente dans son fonctionnement même deux défauts. Le premier est qu' elle…