Michèle Audin

De même qu’elles engendrent des plans, les villes engendrent des poèmes. L’idée d’un poème se profila ; simultanément des milliers. Choisir.

Fiordiligi aurait aimé, parce que les poèmes de métro ont déjà été mentionnés, un poème d’autobus. Mais voilà, il y avait une actualité. À laquelle participèrent les stations de métro du onzième arrondissement.

Ce n’était pourtant pas un jour à écrire un poème de métro,
ce dimanche 11 janvier 2015

9

le métro ne s’arrête pas à la station rue des Boulets
le métro ne s’arrête pas à la station Charonne
le métro ne s’arrête pas à la station Voltaire
le métro ne s’arrête pas à la station Saint-Ambroise
le métro ne s’arrête pas à la station Oberkampf

République. Sortir  ?

8

le métro ne s’arrête pas à la station Filles du Calvaire
le métro ne s’arrête pas à la station Saint-Sébastien-Froissart
le métro ne s’arrête pas à la station Chemin Vert

5

le métro ne s’arrête pas à la station Bréguet-Sabin
le métro ne s’arrête pas à la station Richard-Lenoir
le métro ne s’arrête pas à la station Oberkampf

République. Sortir.



Et mon poème d’autobus ?
C’était un jour où les autobus fonctionnaient. Fiordiligi et Guglielmo en attendaient un. Dans le onzième arrondissement et le 61, précisément. Fiordiligi, qui aime que les choses soient faites dans les endroits adéquats, ouvrit le livre dont elle s’était munie et lut à Guglielmo un poème intitulé « Faire signe au conducteur ». Ils lui firent signe, montèrent dans le véhicule, et elle écrivit un poème.
 

Une dame attendait l’autobus
un monsieur attendait l’autobus
je vais vous lire un poème
dit la dame au monsieur
la dame lit le poème
le monsieur écoute le poème
et pendant ce temps-là
un autobus passa
il y eut ensuite d’autres poèmes
de Raymond Queneau
un poète adéquat aux autobus
d’autres autobus passèrent
la dame et le monsieur vécurent heureux

On aurait dû mettre un s à « poème ».


12 janvier 2015
(à suivre)

$ \Rightarrow $  métro