Michèle Audin

Ciel bleu, deux hauts clochers blancs, des arbres, des tuiles – et au-dessus, imprimé en blanc sur une photographie de ces petits pavés blancs et noirs, un trottoir au Portugal de certeza, le nom de la ville, Sintra. Et puis il n’y a plus qu’à déplier le plan… D’un côté une carte de la région, jusqu’à Lisbonne et même Cascais au sud-est, Mafra et Ericeira au nord, au Cabo da Roca (forcément, comment aller plus loin ?) à l’ouest. Sur l’autre face, un grand plan sur fond vert de Sintra elle-même, avec un plan agrandi du Centro Histórico. Le dessin des rues révèle le relief, il y a un quadrillage, une rose des vents (le nord est en haut), une échelle, les carrés ont un côté de 500 m (et de 7,8 cm), et même une date (1998), il y a des photographies des principaux monuments, le palacio Nacional avec ses deux clochers blancs et les ruines du Castelo dos Mouros.


Le couteau s’affaire sur la planche. Dis-moi quelque chose sur Sintra. Le couteau s’arrête et les aubergines soufflent un instant.
Sintra ? Guglielmo recommence à couper, plus lentement.
Fiordiligi lave et équeute (?) de la coriandre, oui, Sintra. Nous y sommes allés ensemble, non ?
Si, avec Lucia, même, je t’épluche des tomates ?
Si tu veux. Pas terribles.
Ce n’est pas la saison.
Je ne me souviens pas bien. Elle a pelé et épépiné deux tomates, il commence à faire frire les aubergines. Si tu n’as plus besoin de moi, je vais chercher du vin, je ferai le riz en remontant. Elle descend à la cave, et c’est à Mafra, à son palais-couvent, et à l’écrivain qui l’a rendu célèbre dans le monde entier, qu’elle pense.
14 mars 2015
(à suivre)

$ \Rightarrow $  cap
 

PS. Il y a une légende de l’illustration dans le post-scriptum de la page images.