Michèle Audin

Plan miasta Warszawa, une autoroute avec un échangeur, en blanc sur fond orangé, et le nom Warszawa répété dix-sept fois, de plus en plus gros, du bout de la route jusqu’à nous, lecteurs du plan, devant. Le plan est daté de 1980, il a couté 17 zł, il se déplie en 5 (hauteur) $ \times $ 7 rectangles. Une des faces contient des listes (de rues, de bus et de tramways), un petit plan d’accès, et ce qui a l’air d’être un plan d’un hôpital. L’autre face, le recto, est un grand plan entouré d’une bande jaune sur laquelle figurent en rouge les chiffres (1 à 11, des nombres, donc) et les lettres (A à N) qui permettent de repérer les carrés (treize lettres, car il manque le J, onze chiffres, le rapport 13/11 est moindre que le 5/7 des rectangles, voilà une remarque pédante qui ne contient pas beaucoup d’information : les plis forment des rectangles (plus hauts que larges) et le quadrillage forme des carrés (aussi larges que hauts)). Sur le fond beige, avec des rues jaunes et blanches, beaucoup d’espaces verts et le fleuve (Wisła, la Vistule) bleu qui traverse le rectangle en biais, le plan est clair et lisible. Quelques dessins en surimpression indiquent des lieux ou des bâtiments importants désignés en polonais. L’un d’eux est le Palais de la culture et des congrès. Il y a une légende en haut à droite et symétriquement un plan à plus grande échelle de la vieille ville ou de ce qu’il en resta après les destructions que l’on sait, Stare miasto. Que ce plan soit à plus grande échelle se déduit de la comparaison avec l’image du même quartier sur le plan général : aucune échelle explicite n’apparaît.
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Respecter strictement les contraintes amènerait, puisque les boîtes de chaussures contiennent deux plans strictement identiques, à répéter le paragraphe précédent, ou alors à décrire le même plan d’une manière différente, ce qui serait sûrement très intéressant… sauf que l’auteur avoue ne pas avoir assez de sentiments envers Varsovie pour vouloir faire traîner cet article.

Je ne me souviens plus, dit Fiordiligi. Ou alors, si : il n’y avait rien, Niema piwa, pas de bière, niema kawa, pas de café, voilà ce qu’on entendait lorsqu’on entrait dans un café. Une femme (amie d’amis ?) nous dit qu’on ne trouvait rien dans les boucheries, sauf parfois des abats, et, pour nous expliquer à quel point cette nourriture est indigne d’elle, ajoute : « ce que mangent les juifs ».
1983.
Mais aussi, ailleurs, « Today, only duck », ce qui n’était pas rien, car il était très bon, ce canard, le restaurant devait se fournir dans les jardins publics. Et puis, un restaurant chic et cher de la vieille ville qui proposait de l’anguille fumée (délicieuse). Voilà. Et le pape, celui de l’époque, partout. La Pologne éternelle. N’en parlons plus.

Tu écris sur quoi ?
Varsovie.
Ah !
1er mai 2015
(à suivre)