Michèle Audin

Map of Reykjavik 2004-2005 est un plan dépliant de format assez standard, sous la photographie d’une église moderne dans un grand ciel bleu et nuageux. Tout autour du plan lui-même, les encarts publicitaires s’alignent sans surprise. La mer, sur trois côtés, est bleue, il y a de grandes taches vertes, dont l’une représente un jardin botanique avec son zoo, un cimetière gris avec des croix, un lac intérieur avec oies et canards, une rose des vents (le nord est en haut), un encart représentant l’Islande tout entière, au dos encore de la publicité et un plan agrandi du centre, ni échelle ni légende.

Il n’y a pas non plus la place, l’espace, les immeubles d’architectes, les œuvres d’art, beaucoup de sculptures dans les rues. Aucun plan, nous l’avons dit, ne peut montrer les aurores boréales (car, sont-elles bien réelles ?). Ni la littérature.
Les sagas islandaises ?
Oui, bien sûr, mais je voulais dire, cette forme à la fois extrêmement contrainte et très populaire, le rímur. Le pays du monde où l’on fait le plus de traductions.
En parlant de littérature, tu n’as rien dit des volcans.
Le Snæffel, tu veux dire, encore Jules Verne ? Je parlais de la vile, pas du pays. Je ne vais pas te faire un guide touristique de l’Islande, les cendres, le paysage lunaire. Et la pluie. Ah ! mes amis islandais sont très susceptibles sur ce sujet ; ceci tombe verticalement, m’a dit l’un d’eux, ce n’est donc pas de la pluie, la pluie, c’est horizontal. J’aurais pu aussi te parler de Thingvellir et de son extraordinaire ciel, toujours en mouvement. De ce climat incroyablement variable. Et de la nuit, la vraie, la sombre, la noire, la nuit polaire, avec ses étoiles acérées.

20 février 2015
(à suivre)

$ \Rightarrow $  nuit, réel
 
PS. Il y a une légende de l’illustration dans le post-scriptum de la page images.