(la suite dans le tome 2)

Michèle Audin

Un principe d’égalité, ou simplement de symétrie, puisque la nuit recouvre la moitié de la Terre pendant qu’il fait jour dans l’autre, et ici la lampe de poche et le globe pourraient être évoqués à nouveau, un tel principe voudrait  peut-être que l’on fasse ici une liste des nuits. Nous respectons des contraintes mais n’agissons pas nécessairement en vertu de principes.

Des qualités des nuits, pour changer, dit Fiordiligi. Je veux dire, de leurs couleurs, par exemple. Les nuits noires, celles des tropiques, une nuit noire au Tampon, vraiment noire, simplement parce qu’il n’y avait pas de lampadaire à proximité.
Ça s’appelle la pollution lumineuse.
Oui, en langue de bois. Et, justement, il n’y en avait pas. Cette nuit noire était une nuit étoilée, oui, avec la Croix-du-Sud. Ou la nuit polaire, encore une nuit vraiment noire, lorsque nous sommes partis à la recherche d’une aurore boréale, au milieu de la nuit, ce qui ne veut rien dire, c’était le milieu de la nuit tout le temps, je ferais mieux de dire que c’était en Islande et très près du solstice d’hiver.
Et puis les nuits blanches, qui se continuent par des jours gris, mais ne me demandez pas de vous parler du solstice d’été au Danemark.
C’est peut-être au vieux Qfwfq qu’elle s’adresse. Il se retire discrètement et la laisse à son émotion, sa nuit à lui est immense, intersidérale, glacée (et noire). J’aimerais tant qu’elle me parle de la douceur des couchers de soleil.
 

6 décembre 2014
(à suivre)
la suite est dans le
Brouillon pour un atlas (tome 2)
$ \Rightarrow $  Reykjavik