Michèle Audin

Dessiner, de mémoire, le plan d’une ville, la courbe de ses canaux et la mer – prévoir, dans tout ce bleu, des encarts pour les îles trop éloignées – tracer les lignes de transports en commun au crayon rouge – avec un compas, ajouter non pas un marteloire mais une rose des vents et indiquer où est le nord – penser à l’échelle et peut-être à une date – colorier quelques jardins avec leurs labyrinthes en vert et leurs bassins en bleu – au stylo noir faire commencer la ligne de chemin de fer au bord de la feuille et l’arrêter en un lieu qui sera, forcément, la gare – représenter en relief des clochers (en se souvenant des coupoles d’argent), des ponts arqués menant à des marchés, des palais et leurs balcons au bord de l’eau – choisir une couleur pour représenter les places majestueuses (en pensant aux fontaines aux sept jets d’eau et aux petits pans de murs sur lesquels les vieux regardent passer la jeunesse) et une autre, ou la même, pour les passages, les minuscules rues et leurs escaliers – regarder de vieilles cartes postales qui représentent la ville comme elle était avant et faire apparaître quelques-unes des statues (écrivains, princes, sénateurs, brasseurs, musiciens), inscrire enfin quelque part le nom de la ville, Diomezia peut-être, ou Zorona, non, alors c’est un autre qu’il n’est pas possible d’avoir oublié.

La mémoire, ou le désir ?
22 octobre 2014
(à suivre)

$ \Rightarrow $  désir
 

PS. Il y a une légende de l’illustration dans le post-scriptum de la page images.