Michèle Audin

Il faudrait parler ici des glaciers de la Vanoise en été et de la mer de Glace en toute saison – des séracs du Géant il a déjà été question et du glacier d’Argentière aussi. Il faudrait décrire ces glaciers sur lesquels on skie en été, de la neige fraîche des petits matins de juillet au pied du Cervin.

– Je pourrais raconter des histoires de glaciers, dit le vieux Qfwfq. Comme celle du guide qui est tombé dans une crevasse et dont le glacier ramène les restes au jour quatre-vingts ans plus tard.
– Excusez-moi, dit Fiordiligi, je suis sûre que c’est très intéressant, mais je ne vois pas bien ce que ça vient faire dans notre histoire. C’est vrai, nous ne sommes pas des pratiquants des glaciers.
– Vraiment ? J’aurais pourtant cru.
– Par exemple, explique-t-elle, nous n’avons jamais utilisé de crampons, ni l’un ni l’autre. Mais nous avons fait du ski, oui, et surtout, nous avons beaucoup regardé le glacier, entre la Grande Casse et la Pointe Mathews, depuis le col de la Vanoise. Notre amour pour les glaciers est grand, mais il est aussi platonique. Elle ne demande pas de confirmation à Guglielmo, parce que, par chance, il n’est pas présent lors de cette intervention de Qfwfq.
Il vous dirait, s’il était là, qu’il y a glacier et glacier. Éclat de rire de Fiordiligi. Venise ! Vous savez, ajoute-t-elle à l’attention du vieux Qfwfq qui s’apprêtait peut-être à intervenir (et peut-être pas), nous n’avons pas besoin que vous nous disiez où aller manger de la cassate sicilienne à Venise, nous le savons parfaitement. Et nous ne (vous) le dirons pas.

2 août 2014
(à suivre)

$ \Rightarrow $  vallée
 

PS. Il y a une légende de l’illustration dans le post-scriptum de la page images.