Michèle Audin

Louis Antoine de Bougainville était un navigateur du XVIIIe siècle. Il a fait le tour du monde (1766-1769). Une ligne qui représente l’itinéraire qu’il a suivi part de Nantes, court jusqu’au détroit de Magellan, entre dans l’Océan Pacifique, serpente entre ces îles qui forment l’archipel immense qui s’étend des Philippines à l’Australie, rase Madagascar, le cap de Bonne-Espérance, suit les côtes d’Afrique et rejoint presque, à Saint-Malo, l’une de ses extrémités à celle où le navigateur s’est embarqué.
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On a donné son nom à une fleur, dirait peut-être Dorabella. Bougainvillée. Et elle prononcerait le e final avec un goûteux mélange de préciosité et de naturel.

Fiordiligi. – Et son voyage a donné l’occasion de dialoguer sur l’inconvénient d’attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n’en comportent pas.
Guglielmo.– Un dialogue ?
F.– Oui, un dialogue à propos de dialogues. Des histoires emboîtées.
G.– Je crois que je l’ai lu, il y a longtemps, j’ai oublié. À propos des Tahitiens, c’est ça ?
F.– La sexualité et la nature, tu sais, ces jeunes filles nues qui s’offrent, ou que l’on offre, aux étrangers après le dîner. L’inceste, la constance, le mariage, la jalousie, la fidélité, la passion, tout ça.
G.– L’amour.
F.– C’est ça, l’action physique. L’amour. Et l’idée morale aussi, d’ailleurs.
G.– Le tour du monde de Bougainville, c’est ce qui justifie de parler de ces actions physiques dans un atlas ?
F.– De la tendresse, on en fait aussi des cartes, tu sais ?













1er mai 2014
(à suivre)

$ \Rightarrow $  dialogue, oubli, tour