Michèle Audin

Le plan-guide d’Alger, épais livret allongé imprimé sur papier glacé porte, sur sa première page de couverture, la date de 2003. Cette page contient aussi le titre en arabe (langue qui n’est pas utilisée ailleurs dans le volume), les armes de la ville, et une illustration sur laquelle une photographie se soulève pour laisser voir un morceau de plan, une mouette s’échappe du ciel (bleu). La page 5 contient un plan d’assemblage des quatre vingt dix planches qui composent le plan de la ville. Celles-ci, jaunes de 1 à 33, bleues de 34 à 63 et vertes de 64 à 90, occupent les pages 84 à 175 (il y a des pages de publicité). Dans ce plan, le nord est en haut. Les planches jaunes recouvrent la partie nord de la ville, les bleues sa partie sud et les verts la partie à l’est des bleus (à l’est des jaunes, c’est la mer). Ainsi la côte est-elle recouverte, d’ouest en est, par les planches 1 et 2 (Baïnem-Plage, les Bains-Romains), 3 et 4 (Raïs Hamidou, la Corniche), 9 (un cimetière et un stade), 14 et 15 (Bab-el-Oued, le phare), 21 (la jetée du port), 27 (le bassin de l’Agha), 33, 64 et 65, 66 (l’avenue de l’ALN, le Lido).

La Casbah, écartelée entre les planches 15, 20 et 21, fait l’objet d’une page particulière (la page 82) où elle est représentée à plus grande échelle. Même si aucune échelle n’est précisée. Pour faire entrer ce plan de la Casbah dans la page rectangulaire (rectangle dont le plus grand côté est horizontal, comme l’indiquait l’adjectif (liminaire) allongé), il a fallu mettre le nord à droite, mais ce n’est pas dit explicitement. En règle générale, ce plan-guide est assez difficile à utiliser, cet exemple le montre, mais ce n’est pas le seul. Le numéro de la planche qu’il faut consulter lorsque l’on sort d’une double-page par l’un de ses côtés n’est pas indiqué sur cette double-page. Supposons par exemple que, planche 33, l’on (Fiordiligi,  à la recherche de traces d’une de ses ancêtres ? de sa grand-mère Isabella, une Italienne à Alger ?) l’on suive la rue Belouizdad vers le centre. Le passage (du nord-ouest) à la page de gauche, c’est-à-dire à la planche 32, ne nécessite qu’un saut (mais nécessite bel et bien un saut). La rue s’incurve vers le nord, arrive place du 1er mai, et quitte la page par le haut. Pour la rattraper, il faut se rendre page 5, chercher sur le plan d’assemblage pour découvrir que ce sont les planches 26 et 27 qui contiennent le dessin de la partie de la ville qui se trouve au nord de celle que l’on a abandonnée sur la planche 32, se rendre à la double-page correspondante, y chercher longuement la place du 1er mai, se rendre à l’évidence, il n’y a aucun chevauchement entre les planches 32 et 26, se résigner à sauter rue Hassiba Ben Bouali, puisque des fragments de cette rue figurent sur les deux planches, tourner rue Victor Hugo pour monter jusqu’à la rue Didouche Mourad et au centre d’Alger.

Le plan-guide contient une liste des noms des rues, avec le numéro de la planche correspondante et un moyen (une lettre et un chiffre) de localiser cette rue sur cette planche. Toutes les planches sont en effet quadrillées en seize cases (rectangulaires) repérées, sur toutes les planches, par les mêmes seize coordonnées (une lettre de A à D, un chiffre de 1 à 4), il y a ainsi quatre vingt dix carrés B2, par exemple, ce qui n’ajoute pas à la compréhension globale du plan de la ville. Les pages 52 à 81 donnent les anciens noms des rues, accompagnés de leurs noms actuels. Par exemple, la rue de Lyon est devenue la rue Belouizdad Mohamed.

Ni la couleur de la ville (blanche), ni l’éclat de sa lumière, ni les odeurs (le port, les ordures, les fleurs, les épices) ne sont perceptibles sur ce plan.

7 avril 2014
(à suivre)
$ \Rightarrow $  images

PS. Il y a une légende de l’illustration dans le post-scriptum de la page images.