Michèle Audin

Térkép $ \cdot $ Carte $ \cdot $ Plan $ \cdot $ KAPTA est un grand (9$ \times $ 3 plis)) plan coloré. Avec son titre, une image stylisée regroupe quelques monuments, le pont de chaînes au-dessus d’ondulations (en bleu et noir) symbolisant le beau Danube, le dôme du parlement, l’église Matyas templom, et un monument plus socialiste (au sommet d’une sorte d’obélisque, une statue de femme tient une grande palme au-dessus de sa tête), un écusson avec les armes de la ville, et (en tout petits caractères) le prix, 11Ft. Le verso est consacré à un index alphabétique des rues. Il restait un espace libre après les rues dont le nom commence par un Z et celles qui sont désignées par des numéros, et dans cet espace a été écrit (au stylo à plume) « Qu’est-ce que c’est » sans doute pour une explication puisque accompagné de « Que est Qu’est » et de «  Ce est C’est ». Inversement « Bördiszmu… maroquinerie » et « Szücs fourrure » ainsi, plus mystérieusement que « Burda ».

Le plan lui-même est assez clair et détaillé. Il n’y a pas de plan du métro, ni de plan détaillé du centre. Pourtant, dans le vieux quartier, autour et au-dessous du château, les noms des rues minuscules sont presque illisibles. Un encart à plus petite échelle montre les accès à la ville.  Les différents quartiers sont colorés en rien, jaune ou bleu clair (en application du théorème des quatre couleurs ?). Sans beaucoup d’originalité le Danube est bleu et les espaces verts sont verts. Les couleurs sont passées, ce plan-là aussi porte des trous de punaises qui montrent qu’il a été affiché sur un mur. Huit ponts traversent le fleuve. Mais rien ne permet de distinguer le pont de chaînes, un pont suspendu austro-hongrois, symbole classique de la ville, de l’élégant Erzsebethid, pont Élisabeth, un pont suspendu tout blanc, et sa la ligne claire.

L’échelle n’est pas précisée, la date non plus (1976 ou avant, dit Fiordiligi). Il y a une Jelmagyarazat $ \cdot $ Legend $ \cdot $ Légende $ \cdot $ Zeichenerklärung.  Kartografiai, s’appelle l’éditeur.
*
C’est parce que nous devions envoyer à Judith des numéros de Burda, un magazine féminin allemand, pour sa mère, dit Fiordiligi. Et tu lui avais expliqué l’expression compliquée par laquelle commençait son cours de français, qu’est-ce que c’est ? Dans une discussion sur les difficultés comparées des deux langues. C’est vrai qu’on ne comprenait rien aux enseignes des magasins. Sauf des kiosques des fleuristes. Virag, dit Fiordiligi, qui se traduit par Blum en allemand, était le seul mot hongrois que nous connaissions. À cause de Leopold Bloom, Ulysse.
5 mai 2014
(à suivre)

$ \Rightarrow $  images

PS. Il y a une légende de l’illustration dans le post-scriptum de la page images.