Michèle Audin

Le plan de Kiel est tout petit. Une fois déplié (et ses plis le divisent en douze (3 $ \times $ 4=12) petits rectangles qui, fort élégamment, correspondent (presque) exactement au « quadrillage » A, B, C, D et 1, 2, 3) il mesure environ 21 cm sur 26 (cinq cent quarante-six centimètres-carrés). L’échelle indique que deux centimètres représentent trois cent cinquante mètres, la rose des vents que le nord est en haut, il y a un copyright (par une boîte de Münster) mais pas de date (même avec la liste des rues au verso), le Kiel Förde et le port (Kieler Hafen), les étangs ou lacs sont bleu clair, les hôpitaux et l’université sont bleu foncé, les parcs et cimetières sont verts, les rues les plus importantes sont jaune vif et les autres blanches, le reste est jaune pâle ou brun clair, en particulier les bâtiments du port, dont aucun n’est nommé, ce qui fait de cette zone (tout un côté du fjord) une sorte de no man’s land. Une des autoroutes porte le nom d’Olof Palme, elle va vers le nord, le Danemark n’est pas loin et au-delà la Suède. Un bâtiment, en bas à droite, s’appelle Coventry-Halle, on peut imaginer que la ville est jumelée avec Coventry.
*
Il n’y a pas de plan de Coventry dans les boîtes de chaussures.
Non.
C’est toi qui es allé à Kiel ?
Non.
Ni moi. Je ne me souviens pas d’où sort ce plan. L’absence de date n’aide pas. Mais je suis passée par Coventry. Je ne me souviens pas de grand chose. Sauf de la cathédrale, qui fait froid dans le dos.
Le jumelage avec une ville allemande, comme signe de réconciliation ?
5 septembre 2014
(à suivre)