Michèle Audin

Il y a des îles dans cet atlas. Mais, espérons-le, pas d’exotisme de pacotille, Marquises si vos rivages… La belle Isabela. Des rêves d’écrivains, de cartographes, la carte dans l’Île au trésor, avec ses arbres et ses montagnes, sa toponymie qui l’apparente à un bateau, ses navires dessinés sur la mer, son échelle énigmatique et surtout sa rose des vents d’où sont issus les rayons qui semblent constituer un repère pour cette carte, dont, précise le texte qui l’entoure, la longitude et la latitude ont été supprimées, et la belle carte gravée de l’île Lincoln, là ce sont les jolies courbes dessinées dans la mer et qui soulignent la forme contournée de son rivage. Des rêves d’architectes, de paysagistes aussi.

Ne me parle pas des fausses îles mégalomaniaques du Golfe persique.
Je serai plus modeste, dit Guglielmo. Tu sais que, lorsque l’on a installé l’école polytechnique sur le plateau de Palaiseau, on a aligné des peupliers et creusé un petit lac artificiel, avec une île microscopique, un rocher.
Oui ?
Eh bien, l’île est la cocarde sur le bicorne, le bicorne de l’uniforme des polytechniciens, dont le lac épouse la forme. Humour militaire ?

Tu n’as pas parlé de la croix, du trésor.
Non. Le trésor, c’est la carte, le livre. Tu te souviens de cette île de l’océan polaire qui, finalement, n’en était pas une, c’était un glaçon et elle bougeait, puis elle fondait. Instabilité de l’espace.
Non.
Est-ce que l’aiguille est une île ?
Quelle aiguille ?
L’aiguille creuse.
Oui, je crois.
Ah ! Alors je mets une image : pour Honfleur, il était juste temps, mais pour Etretat, il était beaucoup trop tard.

Tu te souviens de l’île de la Réunion ? Oui. Le caractère insulaire se manifestait par l’instabilité du temps. Enfin, du temps qu’il faisait. 
Tu veux un verre de whisky ?
Tu nous fais plutôt un punch ?
27 août 2014
(à suivre)

$ \Rightarrow $  instabilité, trésor
 

PS. Il y a une légende de l’illustration dans le post-scriptum de la page images.