Michèle Audin

Le point est ce qui n’a pas d’épaisseur, croit-on peut-être. Cet article pourrait en avoir – les points cardinaux, autant que certains points particuliers, comme les pôles, mériteraient aussi que l’on s’intéresse à eux.
Écrire cet article, ce serait « faire » le point. Et d’ailleurs, il faudrait parler de la manière de faire le point, ce qui a été évoqué plusieurs fois, de façon négative (on ne détermine pas sa longitude en mesurant la hauteur d’un astre, avons-nous asséné à nos lectrices) mais aussi de façon positive (on détermine sa latitude en mesurant la hauteur d’un axe). Et maintenant, si nous faisions le point ?

Aujourd’hui et par ce mot, s’inaugure le recto (belle page) de la page 84 du manuscrit. Ce jour, il y a exactement cent vingt références dans la page « bibliographie » (sauf erreur, disons donc environ cent vingt). Des points avaient déjà été faits sur la page 34 du manuscrit, à la fin du deuxième mois d’écriture de l’atlas (aux alentours de l’article « collection ») et à la fin de la première boîte à chaussures (c’est-à-dire après cent dix jours). Ce jour-là, cent dix articles avaient déjà été écrits – un point sur le rythme de l’écriture (les moments les plus heureux induisent-ils davantage de texte, ou est-ce l’inverse ?) – et cet article « point » est le trente-septième du deuxième tome et le deux cent quatre vingt-septième (deux huit sept) du brouillon dans son ensemble.
(84, 120, 34, 2, 1, 110, 110, 37, 2, 287, 2, 8, 7)
 
Car, coordonnées ou pas, un point finit toujours par être une liste de nombres.