Michèle Audin

Une selle, comme celles que l’on utilise pour monter à cheval, a la forme d’un col (de montagne, pas de chemise). Cet article pourrait donc être recopié sur l’article col. Sauf qu’il n’y a pas de selle dans la terminologie de la géographie : seuls les mathématiciens utilisent selle comme synonyme de col et, faut-il le rappeler, ceci est un atlas. Parler de la selle du Grand-Saint-Bernard serait ambigu, non ? Mais nous pourrions profiter de ce retour du col pour parler de la forme des courbes de niveau près d’un col, sur une carte. Les lignes arrondies des deux parties « hautes », celles des deux parties « basses », et, affectant la forme d’un X, la ligne du niveau-même de ce col. C’est une selle : les deux parties basses pour les cuisses, les deux parties hautes esquissant l’encolure et la croupe du cheval.


J’aime toujours regarder les courbes de niveau sur les cartes. Les beaux cols, plus ou moins aplatis.
Ah ! mais ! s’écrie le vieux Qfwfq, c’est que c’était beaucoup plus varié autre fois ! Sur les cartes de la Terre, on trouvait aussi des cols de singes.
Quoi, s’étonne Fiordiligi ?
Oui, en forme de selle de singe. Bon, je vois qu’il faut tout vous expliquer. Imaginez un singe monté à cheval. Il lui faudrait aussi placer sa queue. Une selle de singe devrait avoir trois creux (et donc aussi trois hauts), les lignes de niveau formeraient non plus une croix, un X, mais une sorte d’astérisque *, une croix à six branches. Dans le temps, il y en avait, des cols de singes, sur les cartes de la Terre, avec leurs belles courbes de niveau et leurs astérisques. Mais tout s’est usé, érodé…
 
9 mars 2015
(à suivre)

$ \Rightarrow $  col, niveau
 

PS. Il y a une légende de l’illustration dans le post-scriptum de la page images.